Les gippons

Il faut bien commencer par quelque chose. Le choix n'est pas facile et les petites mains me diront "Et les robes alors?!" Oui les filles, je pense à vous. Mais laissons aux garçons une longueur d'avance, vous êtes bien plus rapides qu'eux à la construction de vos vêtements.

La plupart des patrons que je vous poste sont tirés d' Adrien Harmand Jeanne d'Arc, ses costumes, son armure paru en 1929 chez Ernest Leroux. Entre nous, cette petite merveille est LA Bible en ce qui concerne le vêtement masculin du XVè. Vous pouvez en retrouver des extraits sur le site du Rozier des Guerres. Vous ne trouverez pas dans cette rubrique l'histoire des pièces de vêtement, mais dans le nuage de libellés qui verra le jour sous peu et (progressivement). Ici, vous n'aurez que les patrons, et à la rigueur des astuces de couture.

Certains d'entre vous s'interrogeront peut-être sur ce terme méconnu et un peu obscur du "gippon". Afin d'éclairer votre lanterne, laissez-moi vous informer que "gippon" désigne le vêtement cintré porté sur le torse masculin. Le pourpoint, le gilet, le jaque, le gambison sont des "gippons" (pour le reste rendez-vous au lexique).

Tout d'abord, Messieurs, avant de choisir son patron,  il convient de prendre en compte un certain nombre considérations :
  • L'époque : ça semble logique pour certains, mais ça n'est pas acquis pour d'autres. Si on décide de faire du 1430, il faut un pourpoint à la coupe 1430, qui n'est pas la même qu'une coupe 1480. Un peu comme si dans les années 20 les hommes portaient des baggy avec des T-shirts trop grands. Impossible.  
  • La condition : êtes-vous clerc, combattant, mercenaire, mendiant, écuyer, chevalier, prince etc... Si la forme reste globalement la même, le tissus change, et parfois la couleur également.
  • La morphologie : et oui, c'est là que le bas blesse. Nous ne sommes pas des figures de magazines aplaties sur du papier glacé, donc on s'adapte. Si Monsieur a un peu de bidon parce-qu'il aime la tartiflette (c'est tout à ton honneur, Monsieur, j'adore la tartiflette), on ne cherche pas à adapter son corps à son vêtement, au risque de passer des animations à suffoquer car on ne peut pas respirer. On adapte le patron. Car oui, ça se verra si on ne le fait pas. Regardez à la prochaine animation combien de messieurs ont le laçage qui s'écarte au niveau du nombril (ni plus haut, ni plus bas)... Donc, on ne se prive pas de gourmandise, en revanche, on modifie le patron.
  • On a droit d'être coquet : pour ne pas avoir le même gippon que tous les voisins des camps alentour, il existe une multitude de petites variantes au col et aux manches tout à fait historiques : manches droites, manches à maheutres, manches fendues, manches dissociées, manches à gigot (...) et col col bas, col lacé, col à coins amortis, col dissocié... On peu aussi choisir de poser des renforts à l'intérieur de son pourpoint et ainsi le porter sur l'envers. On peu les lacer de différentes façons... Tout cela naturellement à  considérer selon l'époque.

En route donc!


Robinet Testard, Livre de Simples Médecines, Mattheus Platearius, BN Russie, Saint Pétersbourg, Fr. F. V.VI.1, (détail)











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